Elle fréquente pourtant un club (je fais du ring avec, donc n'ai pas pu imposer de contraintes avant la fin des dents pour ne pas casser son caractère, surtout qu'elle est très, très sensible...), mais elle est montée sur 220V, à croire qu'elle a des vers dans le ***

Le seul moyen que j'ai trouvé, malheureusement, c'est de la mettre au couché, avec laisse et collier, et bloquer la laisse sous un de mes pieds... Ce n'est pourtant VRAIMENT PAS ma manière de procéder avec mes chiens (je suis "méthode bio"), mais avec elle je n'ai pas le choix, pour les soins. Une fois couchée elle se calme petit à petit, bien que parfois elle panique (ayant été battue petite), dans ce cas je la laisse partir et revenir d'elle même à moi.
Alors ça prend du temps, mais de toute façon ma chienne c'est ma vie, mon oxygène, mon soleil, tout... donc je prends tout le temps qu'il faut pour m'occuper d'elle, pour son bien-être.
Pour la petite histoire il m'a fallu des mois pour la réhabiliter, la sociabiliser, pour éviter d'avoir une chienne méchante comme elle était au départ (vu le départ qu'elle a eu dans la vie..........). Je l'ai nourrie à la main (elle faisait 2kg à 7 semaines, ne s'alimentait pas, ses deux soeurs sont mortes, bravo l'éleveur de malinois de travail LOF et tout et tout.....:mad

Je sais que ce n'est pas le lieu probablement, mais tant qu'on y est, voici un petit texte que j'ai écrit pour elle (dommage qu'elle ne sache pas lire


"Ma poussinette, voilà déjà 6 mois et demi que tu remplis ma vie de joie.
Au début c'était dur, je ne savais même pas si tu aurais le droit de vivre, comme tes deux soeurs qui sont parties au Ciel. On s'est battues toutes les deux, je t'ai portée à bout de bras, nourrie à la main, soignée, aimée tout simplement. Et tu m'as fait le plus beau des cadeaux, celui de vivre.
Alors à mon tour je t'ai fait un cadeau, je t'ai montré avec beaucoup de patience que tous les hommes ne sont pas les mêmes, qu'il ne faut pas avoir peur d'eux. Il en a fallu du temps, des longues balades un peu partout, te disant "non" quand tu grognais, essayant de te réconforter quand tu aboyais, te montrant que tu avais tort de craindre tout ce qui t'entourait. Je croyais que ça évoluait, et le lendemain c'était reparti, comme si tu n'étais jamais sortie. Alors on recommençait, d'autres trajets, d'autres gens, d'autres choses. Tu as fini par l'admettre, qu'il ne faut pas craindre tout ce qui t'entoure, même si encore aujourd'hui je le sens bien, tu as un peu peur quelquefois.
Tant de temps pour essayer d'effacer les horreurs des hommes, tant de temps pour que tu ne restes pas la poussinette peureuse et un peu méchante du début. Cette petite pointe de méchanceté d'ailleurs qui en amusait plus d'un... Je me souviens encore de cette personne qui jouait à te pincer les fesses quand tu ne regardais pas pour que tu te retournes pour lui bondir dessus. Sans doute était-il fier d'avoir un "chien méchant". Je suis heureuse qu'il ne soit plus avec nous mon poussin, que de mauvais souvenirs et de souffrances y sont associés...
Si tu comprenais et connaissais les hommes mon poussin, qu'est-ce que tu les haïrais... Si tu avas entendu tout ce que j'ai entendu sur toi au début... Personne à part moi ne croyait en toi, aussi bien à ta survie qu'à tes capacités en ring... Forcément, des hommes t'avaient fait du mal... Alors dès que quelque chose s'agitait autour de toi, tu avais peur, peur de souffrir, peur de ne pas pouvoir te défendre. Comme je te comprends ma Chiara.
Mais moi j'y ai cru, et d'autres aussi t'ont laissé ta chance.
Toutes les deux nous leur avons prouvé et nous leur prouverons encore de quoi nous sommes capables. Tu es ma "championne", je suis si fière de toi mon bébé, si tu savais... Quand je te vois mordre, obéir (presque) au doigt et à l'oeil !! Quelquefois des images d'avant me reviennent, et j'ai peine à croire que j'ai réussi... enfin, que nous avons réussi.
Hier encore tu n'étais qu'un petit bout de bébé tenant à peine sur tes pattes, à qui je pouvais compter les côtes et tous les os d'ailleurs. Déjà pour t'avoir il a fallu que je me batte... Le 6 juillet, quelques jours avant la date fatidique, j'écris à ton éleveur. Il me répond que ce ne sera pas possible, "les femelles ont peur au bâton, ça ne mord pas je ne veux pas vendre ça". Je l'appelle, j'insiste, il finit par dire oui sous condition que je le marque sur l'acte de vente. Pas de problème !! Je savais déjà que c'était toi que je voulais, sans jamais t'avoir vue, pas même en photo... Quand je suis allée te chercher le lendemain, l'éleveur m'a dit "vous allez voir, je pense que le choix sera vite fait..." Il me sort deux femelles du chenil (ta grande soeur était déjà partie rejoindre le pont de l'arc-en-ciel), ta petite soeur et toi. Et c'est toi qui es venue vers moi, qui ne m'a pas lâchée d'une semelle. J'aurais pu prendre ta soeur en même temps, l'éleveur me la donnait. Je te demande pardon ma poussinette, je ne pouvais pas à l'époque, je n'avais pas le choix... Je sais qu'elle est partie elle aussi rejoindre votre soeur depuis. Elle aurait sûrement survécu si je l'avais prise, si tu savais ce que je m'en veux...
Qu'il est loin ce temps-là, le temps du malheur et de la souffrance, hein mon bébé ?
Et voilà que tu deviens une "grande fille", ou devrais-je dire une "jeune femme". Une inquiétude de plus, une autre maladie ? Encore le véto, juste une fois de plus. Encore une analyse, encore du stress. Enfin, les résultats... Il n'y a rien !!! Je suis heureuse mon bébé, très, trop heureuse. J'y suis arrivée, nous avons réussi. Nous deux, rien que nous deux. Nous sommes les meilleures, nous sommes invincibles. Je sais que tant que nous serons ensemble, il ne peut rien nous arriver, ni à toi, ni à moi.
Je t'aime ma puce d'amour, je ne te le dirai jamais assez, rien n'est assez grand pour te montrer à quel point je t'aime."
Ma chienne à 8 semaines (elle avait déjà grossi par rapport au premier jour où je l'ai eue...) :
Sa petite soeur, que j'aurais dû prendre aussi...



Et ma poussinette aujourd'hui (ce regard, c'est le plus beau cadeau qu'elle puisse me faire...)
Enfin voilà, je me tais pour ce soir, désolée de vous ennuyer, d'autant plus que ce n'est pas le sujet... Mais j'ai tellement besoin d'extérioriser ce que nous avons vécu toutes les deux. Ici je pense (j'espère) que vous comprendrez, car malheureusement par ailleurs je l'entends trop souvent "ce n'est qu'un chien"



Marie et Chiara